Stories, Darken, Chapitre 2

Avant de commencer à bavarder, je vous souhaite à tous une bonne année ! Je parlerai de mon réveillon dans mon prochain article qui devrait arriver d'ici deux jours au maximum. Je devais initialement faire un article consacré à Dofus le week-end dernier, mais par manque de contenu, j'ai laissé Thiryn écrire. Donc j'ai bien avancé dans le chapitre 2 de Stories que voici... Bonne lecture et ne me criez pas trop dessus à la fin, vous savez que j'adore mettre du suspens !
 
Stories, Darken, Chapitre 2

  Je tombai à genoux devant le corps sans vie de Natalia, le souffle coupé, abasourdi. Comment cela se pouvait-il ? Pourquoi était-elle ici ? Qui l'avait tuée ? POURQUOI !?
Les larmes coulant le long de mes joues, je passai un doigt le long de l'entaille peu profonde, mais mortelle qu'elle avait à la gorge. La carotide avait été touchée, elle n'avait pas dû souffrir longtemps.
Je ne me rendis pas tout de suite compte de la gravité de la chose, je la regardai, hagard, les yeux emplis de larmes, le c½ur sur le point d'exploser, la gorge serrée.
Puis je hurlai, de rage et de chagrin, ma voix porta, j'en étais sûr, dans le palais entier.
  Sous le coup de la colère, pour la première fois de ma vie de façon consciente, je pris mon apparence de démon. Des ailes de chauve-souris déchirées déchirèrent les muscles et la peau de mon dos, ma musculature devint sensiblement plus conséquente tandis que ma peau prenait une teinte bordeaux sinistre. Des crocs dépassèrent de mes lèvres, mes yeux, rougeoyants, étincelèrent dans l'obscurité et je me relevai lentement, haut de plus de deux mètres.
 Complètement hors de moi, je me retournai et quittai la chambre, mes ailes étendues arrachèrent la peinture du couloir, firent tomber vases et tableaux tandis que les griffes de mes pieds déchiraient la moquettes soyeuse au sol. Je n'avais plus qu'une seule idée en tête : tuer Orion, l'arracher en morceaux et brandir son c½ur en criant ma vengeance. Je retrouvai bien vite le chemin de la salle du conseil. Mon ancien ami n'avait pas bougé, il se contentait de sourire avec suffisance, visiblement satisfait de ma réaction.
  Je voulus me ruer sur lui mais en fut incapable, quelque chose en moi se révulsait à l'idée d'éliminer Orion qui avait partagé mon enfance, qui avait toujours été présent pour moi... mais qui s'était changé en un effroyable assassin. Prenant enfin le dessus sur ma conscience, je m'apprêtai à me jeter sur lui, mais d'une voix paisible, il lança une phrase qui me déstabilisa complètement.
- Veux-tu savoir comment elle est morte ?
- Quoi ? bredouillai-je, stupéfait par une telle question.
- Je ne crois pas pouvoir être plus clair continua-t-il innocemment en observant ses ongles.
- Comment oses-tu... POURQUOI AS-TU FAIT CELA ? Que t'avait-elle fait !? Elle n'y était pour rien et tu... tu... tu l'as tuée !
 - J'ai simplement donné l'ordre donc j'ai les mains propres... Cependant comme je l'ai dit plus tôt, il était essentiel que je fasse quelque chose pour que tu veuilles me combattre, et je n'ai trouvé d'autre idée que d'éliminer ton rêve... absurde. Je t'ai également rendu service, après-tout, non ? À présent tu pourras faire ton devoir sans te préoccuper d'une pauvre et imbécile petite humaine.
- LA FERME ! Elle valait mille fois mieux que toi !
- Vraiment ? Es-tu sûr que tu la connaissais réellement ? Après tout, elle n'était qu'une image, inconsciente que tu l'observais... Et si elle avait été en fait une vipère à la langue fourchue, crachant son venin sur ses semblables ?
- Je l'aurais su... je l'aurais su... tu cherches à m'embrouiller balbutiai-je, complètement perdu.
- Sa mort était inévitable, Darken, tu sais comme moi qu'il fallait que tu sois complètement concentré à ta tâche... Et ta tâche est de m'affronter.
- Pourquoi... on aurait pu coopérer et sa mort aurait pu être évitée... je... tu m'as trahi, tu étais mon meilleur ami.
- Oui je l'étais ! cria Orion, abandonnant sa contenance pour la première fois. Cependant à présent nous sommes les plus grands ennemis que ce monde connaît et nous nous devons de combattre c'est notre devoir ! Ne le comprends-tu pas !?
- Tu n'as définitivement rien compris. Mais un jour, tu peux en être certain, je te le jure, que ce soit dans un an ou dans mille... Ce jour là, j'obtiendrai la paix, et l'ombre et la lumière marcheront ensemble, même si pour cela, je dois te tuer, répondis-je après un instant de silence.
- Et bien soit, tente de m'éliminer car tel est ton devoir... tous les regards sont braqués sur nous et ce que veulent les gens, c'est qu'enfin, l'un des deux parti prenne le dessus sur l'autre et ainsi que la paix soit enfin de rigueur argumenta le Dieu Lune.
- Si l'un des deux partis domine l'autre, la mésentente n'en sera que plus grande. Mais... Ce que tu veux c'est te battre et en découdre une bonne fois pour toute, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Alors soit, dis-je d'un ton définitif en lui tournant le dos et m'éloignant de la salle, le c½ur lourd et empli du sentiment d'avoir perdu une bataille.


Stories, Darken, Chapitre 2

  Le c½ur battant, je serrai très fort le pommeau de mon épée à la fine lame ciselée, d'une couleur noire comme la nuit. J'en avais hérité le jour de mon ascension au rang de roi des démons. C'était mon père qui me l'avait léguée, lui même l'ayant reçu de son propre géniteur. Elle s'appelait Taman et je la haïssais tant elle me révulsait. Son désir de sang et de mort m'envahissait l'esprit à chaque fois que je la tenais en main et j'avais beaucoup de mal à résister à ces pulsions meurtrières, cependant, j'étais obligé de la brandir à chaque bataille, en tant que roi des démons, en effet, il aurait été perçu comme une offense à mes ancêtres que j'utilise une arme quelconque.
Je déglutis en observant l'armée adverse s'approcher, semblable à une nuée d'insectes déboussolés qui soulevaient un nuage de poussière tandis qu'ils se déplaçaient vers mes propres soldats, qui étaient, eux, serrés en rangs stricts.
  C'était la première vraie bataille que j'allais devoir mener, et certainement pas la dernières. Oui... pour la première fois j'allais devoir combattre Orion qui était parvenu à réunir un nombre de fidèles alarmant. Je me demandais comment il avait réussi un tel prodige en si peu de temps... Mais j'étais persuadé que la menace et l'oppression avait été utilisées, n'importe quel démon ferait n'importe quoi pour protéger sa famille. Oui, même si nous étions un peuple réputé pour sa cruauté, nous avions au moins un point commun avec l'être humain : le devoir de protéger quelqu'un de son « clan ».
  Ce devoir n'était bien évidemment pas régi par l'amour ou n'importe quel sentiment similaire totalement proscrit dans notre société, mais plutôt par obligation. Chaque démon, à l'âge de quinze ans – la majorité – se devait de prêter serment d'allégeance à sa famille où au clan auquel il était rattaché. Ensuite il partait pour une paire d'années de formation guerrière où il apprenait les arts martiaux, l'utilisation d'armes diverses, la capacité à résister à la douleur et au froid, à survivre dans un milieu hostile et bien évidemment, une pratique que la plupart des gens avaient à c½ur : la torture, souvent très diversifiée et originale...
  J'aurais bien voulu proscrire ces pratiques que je trouvais absolument inutiles et cruelles pour me concentrer sur quelques points que je jugeais plus important, cependant mes ministres m'avaient fortement déconseillé d'aller à l'encontre de la population, sous peine de me retrouver avec de grosses émeutes sur les bras et même des tentatives de coups d'État. J'avais donc dû renoncer à mon idée, mais mon âme bouillonnait de colère lorsque, chaque mois, on me présentait les quelques centaines de nouveaux combattants prêts à tout qui avaient subi un lavage de cerveau. L'innocence de l'enfance les avait quittés pour faire place à un c½ur sombre et empli d'une haine farouche.
On me hurla soudain aux oreilles, me sortant de ma rêverie. Mon général d'armées qui avait l'apparence d'un homme aux épaules larges et à la moustache grise et très touffue semblait très nerveux.
- Maître ! Il faut donner l'ordre aux archers et aux lanciers de se tenir prêts ! L'ennemi sera sur nous dans une minute.
- Allez-y dis-je à mi-voix, horrifié de m'être complètement perdu dans mes pensées.
  L'angoisse me submergea de nouveau alors que je fixai les premiers fantassins ennemis qui couraient à toute vitesse vers nous. Ma gorge s'assécha et je serrai mon épée à faire pâlir mes phalanges. Je déglutis avec peine tandis que mes gardes – les douze Démons Soleil – se plaçaient autour de moi, pour faire en sorte que je sois à l'abri de tout danger.
L'armée adverse percuta la notre dans un grand bruit de hurlements et de ferraille. Le sang et les cris de douleurs jaillirent en même temps, tandis que nous tentions de repousser les ennemis.
Comme on pouvait s'y attendre, je fus très vite séparé de mes gardes du corps sauf un : Vezol, maître des volcans et de la lave.
  Nous progressions en totale symbiose, aucun de nos adversaires dont la poitrine était marquée d'un symbole en forme de lune ne tenait plus de quelques secondes. Vezol et moi étions tellement habitués à combattre ensemble que chacun de nos mouvements était précis et mortel. L'inexpérience de nos ennemis les empêchaient de nous opposer la moindre résistance. Alors que j'étais dégoûté par ce massacre, Taman, dans ma main, semblait vibrer d'une joie malsaine, stimulée par tout le sang qu'elle absorbait. Elle avait tout des caractéristiques d'une épée de sang, qu'on trouvait dans le monde des Douze, bien qu'étant très rares. Les seules connues à ce jour étaient Sanguine – la toute première – Esprit, et Lueur. Ces deux dernières étaient d'une qualité bien inférieure à la première qui avait été fabriquée grâce à du sang de dragon (contre celui de Grozilla et Grazméra pour toutes les autres). En effet, avant de mourir, le dernier dragon du monde des douze avait créé cette épée qu'il avait léguée à son seul et unique ami, un humain nommé Kraig. Ce dernier était un Sacrieur et il fut très honoré de recevoir une lame aussi précieuse qu'un vrai Dofus. Cependant, il fut tué par un homme quoi convoitait l'épée. Depuis une malédiction semble peser sur la lame et chacun de ses propriétaires était mort dans des circonstances mystérieuses. On raconte que seul un ancêtre de Kraig pourrait s'approprier Sanguine et ainsi être doté d'un pouvoir hors du commun.
L'épée reposait actuellement dans les profondeurs de l'île de Vulkania, dans l'un des cratères, protégée par Grozilla et Grazméra. Cependant, voilà bien longtemps que personne n'avait osé tenir l'épée en main, sous peine de subir l'impitoyable malédiction...
  Mes rêveries me valurent un coup violent au flanc droit. L'épée à dent de scie arracha la côte de maille et ma peau, entamant la chair assez profondément.
La douleur m'envahit et les larmes me montèrent aux yeux. Baissant ma garde mentale, le désir de mort de Taman s'insinua alors dans mon esprit, brisant mes dernières défenses sans aucune difficulté.
Je ne pouvais résister contre cette envie furieuse de sang et dominé par la volonté de Taman, je levai haut la lame noire et hurlai de rage. Je ne fis pas de différence entre ami et ennemi et tranchai tout ce qui avait le malheur d'être sur mon passage. Certains soldats des deux armées, me voyant progresser vers eux décidaient même de s'allier pour avoir une meilleure chance de survie. Cependant, ils étaient beaucoup moins expérimentés que moi et malgré la résistance de leur corps humain (nous prenions l'apparence de ces derniers mais gardions nos caractéristiques, soit la résistance au froid, aux coups etc.) ils ne tenaient pas plus de quelques secondes.
  Au loin je vis Lunix. J'avais souvent subi ses railleries étant enfant et c'était sans surprise que je l'avais vu montrer son amour pour la Lune. J'avais d'ailleurs été surpris qu'il n'accède pas au rang de Dieu démon Lune... Peut être lui manquait-il quelque chose d'essentiel.
Le grand démon à la peau noire comme l'encre striée de veinures jaunes se retourna lentement. Il conservait toujours son apparence de démon et ses yeux cruels étincelèrent d'une joie malsaine en m'apercevant. Il allait enfin avoir sa revanche. Il banda les muscles de ses bras et leva une longue épée, épaisse et comprenant un anneau en son centre. Le bout de lame était carré mais se prolongeait sur une dizaine de centimètres à l'arrière pour former une sorte de petite dague recourbée. Son épée était très renommée et d'une qualité rare, mais ce n'était rien comparé à Taman qui sembla éclater de rire dans mon esprit. L'épée maléfique était sûre d'elle. Je refusai d'avancer, mais un éclair de douleur me traversa le front, exprimant le mécontentement de Taman et je dus me mouvoir tandis qu'une brume sombre m'envahissait de nouveau, annihilant ma volonté pour un moment.
  Je m'élançai (ou plutôt Taman m'ordonnait d'avancer) vers Lunix qui m'observait avec un sourire rieur. Je fus très vite sur lui et entamai aussitôt une série de coups complexes. La lame noire semblait savoir que cet adversaire-là était différent et beaucoup plus compétent que les autres car elle attaquai avec une certaine réserve, semblant tester les mouvements de Lunix.
  Ce dernier semblait assez surpris, sans-doute me croyait-il plus faible, puisqu'il me considérait comme un pleurnicheur, en raison de ma sensibilité. Cependant, il ne savait pas que mon c½ur était emplit de rage depuis la mort de Natalia. Au souvenir du corps sans-vie dans mon lit et de la nonchalance d'Orion, mon âme s'abandonna de nouveau à la haine. Taman exulta de joie et puisa de nouvelles réserves. Une aura sombre entoura mon corps, une lueur rouge dansa dans mes yeux, fixant avec malveillance mon ennemi qui semblait abasourdi. Comment LUI, le meilleur guerrier Lune derrière son dieu pouvait perdre contre moi ?! Taman mena mon bras et trancha le bras droit de Lunix aux environs du coude. Il lâcha son épée avec un hurlement de douleur tandis que le sang giclait de la blessure. Il tint son moignon avec sa main valide et m'observa avec haine.
- Comment peux-tu être devenu si fort ? J'ai toujours été plus fort que toi...
  L'épée ne m'autorisa pas à répondre, mais je fus contraint de lancer un sourire victorieux. Je tins Taman à deux mains et la levai bien au dessus de ma tête, m'apprêtant à infliger le coup de grâce au démon Lune qui me fixait avec une lueur dans le regard et un léger sourire moqueur, comme me mettant au défi de l'abattre. Il fut très surpris lorsque Taman plongea vers sa gorge et encore plus lorsqu'elle fut déviée au dernier moment par une lame fine et aussi sombre que la mienne : Maan, l'épée qui se transmettait de l'ancien Dieu Lune au nouveau. Le sabre représentant le soleil était perdu depuis longtemps, et j'étais persuadé que je devais le brandit à la place de Taman dont le c½ur était beaucoup trop sombre pour moi.
  Orion me dévisagea sans un mot, puis fixa la lame, que je tenais le long de mon corps.
 - Tant de haine ne te ressemble pas, murmura-t-il. Tu es possédé par Taman. Je pensais que tu résisterais plus, toi qui semble si bon. Seul un c½ur sombre et corrompu peut perdre la main contre la Lame du Chaos.
Taman s'exprima de nouveau à travers moi.
- Il n'a pas été facile à contrôler, il opposait une résistance encore plus farouche que son père. Mais il a eu un moment d'égarement et j'en ai profité pour briser sa garde. À présent rien ne m'arrêtera et lorsque je t'aurais tué, toi et tous les démons Lune, je deviendrai le maître de la Faille, contrôlant à la fois l'ombre et la lumière. Je t'avouerai que j'aurais préféré me trouver entre tes mains, mais rien ne peux briser l'allégeance que tu as envers Maan. Tu m'en vois donc désolé.
Orion éclata de rire et lança un regard affectueux à son épée.
- Seule le sabre du soleil peut rivaliser face à Maan, c'est pour cela que l'obscurité s'étend peu à peu au détriment de la lumière. Et c'est sur ce champ de bataille que j'en terminerai avec Darken afin d'en finir enfin avec cette guerre. Enfin bref, quant au fait que tu aies réussi à posséder ton hôte, c'est uniquement grâce à moi. J'ai tout orchestré à commencer par le meurtre de Natalia ainsi que ma nonchalance afin que la folie et le chaos ravagent le c½ur de Darken. Ton emprise sur lui devait atteindre son apogée lors de cette bataille où tu serais stimulé par le combat. Le Dieu Soleil répugne à se battre, et il se perd très souvent dans ses pensées, je le connais par c½ur. Aussi j'ai ordonné qu'on tente de le prendre à revers dès que possible afin que tu puisses le contrôler.
- Quel intérêt pour toi de me laisser contrôler Darken ? Il est beaucoup plus fort à présent et n'a plus aucun scrupule. Tu ne peux rivaliser face à mon art.
- La différence entre Darken et toi, c'est qu'il me connaît par c½ur et il sait comment je me bats. De plus, il peut lire en moi comme dans un livre. Toi tu ne me connais pas, et c'est ce qui te perdra, en plus du fait que tu ne peux rien contre Maan. Donc tu n'as aucune chance.
  J'étais abasourdi par le discours d'Orion. Il avait l'air de regretter le meurtre de Natalia. Et il semblait vouloir la paix. En vérité nous voulions atteindre le même but, seule notre façon de penser était différente... Pouvais-je lui pardonner ? Non ! Il avait tué la personne la plus chère à mes yeux...
Mais il semblait si égaré.
Un ricanement sinistre sortit de ma bouche, Taman ne semblait n'avoir aucune crainte.
- Écarte-toi, Lunix, ce combat n'est pas le tien.
  Avec une moue déçue, le grand démon jaune ramassa son bras et s'éloigna à quelques mètres. Un grand espace s'était formé autour Orion et moi, les soldats combattant à une distance prudente. Taman me fit décrire un cercle autour du Dieu Lune qui se contentait de me suivre du regard, une main sur le pommeau de Maan, à présent rangée dans son fourreau noir et blanc.
Mon corps s'avança soudainement vers Orion qui n'esquissa aucun mouvement. Taman siffla dangereusement vers sa tête mais la lame noire fut arrêtée dans un jaillissement d'étincelles. J'étais stupéfié par la vitesse à laquelle il avait dégainé Maan.
Je balançai mon point vers le nez du Dieu Lune qui esquiva négligemment avant d'attaquer à son tour. Ses assauts étaient très rapides et précis. Taman grogna de mécontentement mais tenait bon, parant chaque coup malgré mes bras qui commençaient déjà à s'ankyloser.
«  Ton corps est faible ! » rugit la voix de Taman dans mon esprit. Je souris intérieurement.
  Cependant, je renvoyais chaque coup, avec un peu plus de difficulté à chaque fois, certes, mais je tenais bon. Orion, en face, semblait impassible et exécutait chaque mouvement sans bavure. Je savais que ce n'était qu'une façade mais ne voulais pas avertir Taman. Je me surpris même à espérer que l'épée perde, que je sois tué et que je puisse enfin abandonner toutes mes responsabilités. J'étais las de tous ces combats sanglants, de ces morts inutiles et par dessus tout, immensément triste du décès de Natalia et de la trahison d'Orion.
  Taman était en train de perdre. L'épée sombre, bien que très douée pour me faire effectuer des enchaînements complexes ne parvenait pas à briser la garde qui semblait parfaite du Dieu Lune. Ce dernier semblait reprendre des forces et du courage en voyant mon visage ruisselant de sueur et mon souffle irrégulier. Taman fatiguait trop vite mon corps et ne parvenait pas à bien le gérer, ne connaissant pas mes limites. La défaite était inévitable... Mais je ne pouvais pas abandonner, il ne me restait qu'une seule solution... Elle semblait bien lâche, mais je pourrais gagner du temps pour éviter la chute des forces de la lumière. Il me faudrait trouver un moyen, un jour, de renverser le cours de la guerre et d'enfin unifier le soleil et la lune mais ce ne serait pas aujourd'hui, pas sur ce champ de bataille sinistre et recouvert de cadavre. Ce ne serait pas avec la mort que je rétablirai l'équilibre, mais bien en coopérant avec mes ennemis...
« Laisse-moi le contrôle de mon corps, Taman, tu ne connais pas les faiblesses d'Orion ni mes limites, tu seras détruite si tu continues ainsi ! » dis-je dans ma tête, sûr que l'épée pourrait m'entendre.
«  Jamais ! Maintenant que j'ai ce corps, je le garde ! De plus, Orion sera bientôt à bout et je l'achèverai  ! »
  Cependant, moins d'une dizaine de secondes après avoir dit cela, le Dieu Lune m'assainit un grand coup à l'épaule et me transperça la cuisse avant de retirer la lame et de me donner un coup de pied en pleine poitrine, me faisant valser dans la poussière.
- Ton épée est stupide, Darken, et vous serez tous deux détruits ici et maintenant.
  Taman hésitait tandis que notre ennemi s'apprêtait à nous infliger le coup fatal, les deux jambes écartées, tenant Maan à bout de bras, au dessus de sa tête.
Il hésita et ce fut ce qui nous sauva. Avec un grognement, la lame noire me laissa le contrôle de mon corps et je roulai sur le coté au moment où Maan me frôlait le bras droit.
Orion semblait surpris mais il s'élança vers moi en rugissant. Je me mis à murmurer des mots perdus, que seuls les rois connaissaient, des paroles qu'ils ne devaient dire qu'en cas d'extrême nécessité... Tout allait comme au ralenti, des hurlements de Taman dans ma tête qui avait compris mes intentions à Orion qui courrait, Maan prête à s'abattre...
Au moment où il baissait le Katana de la Lune, je sautai en avant et disparaissais dans un portail qui se referma derrière moi en une demi seconde.

*

  Des longues herbes vertes me chatouillaient le nez, ce qui me força à ouvrir les yeux. J'étais dans un immense champ recouvert d'orge. Je vis au loin un paysan aux commandes d'un tracteur. Son sifflement joyeux me parvenait, il semblait serein.
Taman reposait non loin de là, le sol était sombre et les plantes flétries autour d'elle. Je la ramassai avec un sourire victorieux. Sa voix indignée se mit à hurler dans ma tête.
« Comment as-tu osé faire cela ! Tu n'as aucun moyen de rentrer dans la Faille ! »
Je ne répondis pas et incantai pour faire apparaître un portail. Sans un mot je la jetai dedans. Elle était bloquée dans un « vide », un endroit où je pouvais conserver n'importe quelle chose (à condition qu'elle n'ait pas besoin de respirer pour vivre) à l'intérieur. Je pourrais reprendre Taman lorsque je le voudrais, mais j'espérai que ce n'était pas de si-tôt.
  Tournant la tête, j'aperçus une longue muraille blanche, haute d'une dizaine de mètres à quelques centaines de mètres de là. Une longue route menait à l'intérieur et un flot de voitures entrait ou sortait dans la ville. J'avais réussi ma téléportation. Je n'étais plus dans la Faille mais bien dans le monde des Douze.
Nous, démons, avions bien observé ce monde extravagant mais avions refusé d'adopter le même mode de vie qu'eux. Aussi, nous vivions encore à une époque reculée, alors qu'eux avaient atteint une modernité remarquable.
  Je jetai un coup d'½il à mon armure recouverte de sang et la retira, ne gardant qu'un pantalon en toile. J'attirerai irrémédiablement l'attention, mais pas autant qu'avec une armure sanglante.
Je me mis en route et passai rapidement les portes. Malgré les coups d'oeils suspicieux des gardes en faction, on me laissa entrer. Je me dépêchai vers le quartier des tailleurs et me fis faire des vêtements de Zobal. Je réussis à dégoter les trois masques relatifs à la classe et cachai mon visage derrière l'un d'eux. Il n'y avait rien de mieux pour ne pas se faire remarquer.
  À présent mieux vêtu, je devais à tout prix réussir à retrouver ma maison à Brâkmar, hors, j'étais à l'opposé. Les potions de cités étaient interdites de vente dans les deux grandes cités, aussi un voyage vers le village le plus proche semblait indispensable.
Je sais que c'est étonnant que je possède une maison à la cité noire, mais nous avions des disciples un peu partout qui nous réservaient de quoi vivre dans le monde des Douze si l'un de nous parvenait à s'y rendre.
  Tandis que je me dirigeai vers la sortie de la ville, j'aperçus trois silhouettes qui couraient vers moi. Deux Srams et un Roublard, semblait-il. Ils étaient poursuivis pas des dizaines de miliciens qui tiraient un peu partout. La seule femme du groupe me lança un sac d'où dépassaient des billets et hurla :
- Cours si tu veux vivre !
  Voyant les miliciens se rapprocher dangereusement, je pestai et me mis à suivre le petit groupe, essayant d'aller le plus vite possible...
Nous parcourûmes les ruelles de Bonta très rapidement et semèrent bien vite nos poursuivants. Hors d'haleine, je m'arrêtai près d'eux qui semblaient avoir moins de mal après cette course. Ils devaient avoir l'habitude.
La femme retira son capuchon, se retourna et me visa d'un pistolet argenté.
- Maintenant, tu me donnes le sac et tu t'en vas.
  Mais je ne pus faire aucun geste et restais bouche bée en voyant son visage.
Non ! C'était impossible !
 
J'espère que ce chapitre vous a plu et on se retrouve d'ici deux jours maximum pour un article Dofus.
See ya !

 

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Comments :

  • Dark-phire

    06/01/2013

    OLF-94 wrote: "Honte à moi, je ne sais même plus le début de Infecté mais tout ce que je sais c'est que tout concorde avec aucune incohérence, à croire que ces genres de mini-histoire on été écrite depuis le début ! C'est fou, je surkiffe, on apprend pleins de choses, on connaît tout ! L'arrivé de Darken dans le Monde des Douzes, comment il a créer son monde parallèle, Lueur :D Pourquoi un Zobal, c'est énorme !

    Encore chapeau et désolé de n'avoir lu que maintenant :/
    "

    il y a pas mal d'incohérences dans Renaissance ^^'par exemple au début mais je me rappelle plus exactement.

    D'ailleurs ce chapitre là servira a mieux comprendre certains passages de Démoniak !

    Pas de souci

  • OLF-94

    06/01/2013

    Honte à moi, je ne sais même plus le début de Infecté mais tout ce que je sais c'est que tout concorde avec aucune incohérence, à croire que ces genres de mini-histoire on été écrite depuis le début ! C'est fou, je surkiffe, on apprend pleins de choses, on connaît tout ! L'arrivé de Darken dans le Monde des Douzes, comment il a créer son monde parallèle, Lueur :D Pourquoi un Zobal, c'est énorme !

    Encore chapeau et désolé de n'avoir lu que maintenant :/

  • Dark-phire

    02/01/2013

    OLF-94 wrote: "OMG !!! Magnifique ce chapitre encore une fois, tu nous laisse toujours un grand suspens même si je sais que c'est Natalia, Arty et son frère, a quand la suite x) ?

    C'est vraiment trop bien les stories en faisant des rapprochements avec Infectés ou Rennaissance.

    Tu décris les combats avec une précision extrême qu'on peu tout comprendre, tu devrais vraiment faire un roman^^.

    #Largen
    "

    Carly, pas Natalia ^^'
    La suite je ne sais pas, je dois l'écrire mais je devrais pas trop tarder car j'ai très envie d'écrire Démoniak

    Oui d'ailleurs lire la Stories de Darken permet de mieux comprendre Démoniak, m'enfin tu verras ^^'
    Je fais un roman déjà !

  • OLF-94

    02/01/2013

    OMG !!! Magnifique ce chapitre encore une fois, tu nous laisse toujours un grand suspens même si je sais que c'est Natalia, Arty et son frère, a quand la suite x) ?

    C'est vraiment trop bien les stories en faisant des rapprochements avec Infectés ou Rennaissance.

    Tu décris les combats avec une précision extrême qu'on peu tout comprendre, tu devrais vraiment faire un roman^^.

    #Largen

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